La revue de presseu du 17 juin 2010
"Le rapport qui tue" est à la une des Nouvelles de Tahiti. Le rapport qui tue, c’est celui d’une inspectrice générale des finances de l’Etat français, Anne Bolliet. Vous vous souvenez de ces gens qui sont venus faire un état des lieux des finances du pays fin avril. Donc cette inspectrice a transmis un premier rapport à Marie-Luce Penchard, la ministre de l’outre-mer, et à Gaston Tong Sang. Et effectivement, ça tue.
Ce rapport fait d’abord un état des lieux nous disent les Nouvelles de Tahiti. Etat des lieux qui, je cite les Nouvelles, "accable le mode de gestion et de gouvernance du pays dans la décennie 2000, qui, avec l’instabilité politique, a concouru à la descente aux enfers des finances du pays, et aussi à l’appauvrissement de la population dont le niveau de vie a diminué de 15% depuis 2003".
Et puis, des mesures drastiques proposées. Je cite encore les Nouvelles de Tahiti : "La mission propose de vendre l’argenterie, dont l’immeuble de la délégation à Paris, le Rocklands Hôtel, l’avion présidentiel, deux navires de la flottille." Elle propose aussi de "suspendre la défiscalisation locale, jugée pas efficace", de "réduire de 30% en 5 ans les dépenses de fonctionnement du pays en dégraissant le mammouth de la fonction publique", de "supprimer les congés administratifs, ne pas renouveler l’ensemble du parc des véhicules surdimensionné, limiter le nombre de ministres à 8, réduire le nombre des collaborateurs des ministres et le nombre de représentants", etc.
Dans ces conditions, la mise en place d’une caisse d’assurance chômage paraît un peu surréaliste. Et pourtant, c’est à la une de la Dépêche de Tahiti ce matin. La Dépêche qui est allée voir les patrons polynésiens, pour savoir ce qu’ils en pensent. C’est Luc Tapeta (CEPF) qui ce matin "ne dit pas non", mais en même temps, "si c’est pour fragiliser encore plus les entreprises, on ne va pas alimenter la caisse chômage avec de l’argent, mais avec des chômeurs". Et puis il demande aux syndicalistes de préciser leurs revendications qu’il juge "floues" pour l’instant. Et il pose des questions légitimes auxquelles pour le moment personne n’a de réponse : qu’est-ce qu’un chômeur en Polynésie, et en attendant comment on réduit le déficit de la CPS pour commencer ?
Enfin cette question posée à la une des Nouvelles de Tahiti. "Gaston Flosse : ça passe ou ça casse ?" Eh bien on a la réponse ce matin : les deux mon capitaine ! La dépêche AFP est tombée vers 3h du matin : "Gaston Flosse s'est bien rendu coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des sushis et sa condamnation à un an avec sursis est aujourd'hui définitive, mais la peine d'inéligibilité prononcée contre lui devra être réexaminée par une cour d'appel, a tranché la Cour de cassation." Vive les méandres de la justice française !

