La revue de presse du 14 juin 2010
« Nous sommes les otages d’un conflit qui ne nous regarde pas. La Polynésie est en train de se saborder. Comptez sur nous pour raconter dans nos pays respectifs comment notre séjour s’est transformé en cauchemar. » Cette petite phrase est celle d’un touriste en colère, dans la Dépêche de Tahiti, page 16. Il y a aussi celle de Geneviève Lemaire, la directrice générale des Tipaniers : « D’autres pays déroulent le tapis pour les touristes. Nous, c’est le contraire, c’est grave », dit cette hôtelière. Il y aurait en effet 4500 personnes bloquées par la grève à l’aéroport.
C’est le titre de la Dépêche de Tahiti : « 4500 otages… d’une poignée de pompiers ». Alors à la une des Nouvelles de Tahiti, « le haussaire passe à l’action ». Il devrait expliquer aujourd’hui aux syndicats la mise en place d’une programmation minimale de vols internationaux, avec réquisitions à la clé. Lorsque la loi n’est pas respectée, il y a forcément des sanctions, a précisé Adolphe Colrat. es Nouvelles expliquent qu’il va utiliser l’article 166 de la loi organique, c’est-à-dire décréter l’état d’urgence. Un service minimum qui pourrait être opérationnel dès ce soir, assurent les Nouvelles de Tahiti.
Quant aux revendications des syndicats, sûrement légitimes, elles sont très difficiles à saisir. Tantôt Cyril Le Gayic et compagnie réclament la création d’une caisse d’assurance chômage. Tantôt Patrick Galenon réclame, dans les Nouvelles de Tahiti « que les 15 milliarsd du déficit de la CPS ne soient pas payés par les plus démunis ». Ce qui pourrait être très bien, mais c’est tellement décousu qu’on n’y comprend rien.
Tout ça amuse beaucoup les dessinateurs de presse.
A propos des pompiers de l’aéroport, « ce ne sont plus les soldats du feu, ce sont les soldats du peu », dit P’tit Louis.
Et Munoz croque deux syndicalistes sur le tarmac : « Colrat veut instaurer un service minimum. Je suis déjà au minimum. »

