La revue de presse du 27 avril 2010
Les experts de l’Etat en inspection financière sont donc en mission à Tahiti pour éplucher les cahiers de comptes des ministères, des Sem, de la CPS.
« La mission électrochoc », titrent ce matin à la une les Nouvelles de Tahiti. Electrochoc pour le budget de fonctionnement du pays qui doit être réduit de 30%. Y’en a à qui ça va faire tout drôle. Ce qui est prévu, c’est notamment la réduction du nombre de fonctionnaires du pays. GTS dit dans les Nouvelles ce matin : « Ca ne veut pas dire des licenciements massifs, mais ça veut dire simplement qu’n ne va pas, peut-être, remplacer un sur deux un sur trois, des départs à la retraite, ou pourquoi pas un sur un ! »
Et alors, il faut relever une chose dans l’interview de GTS : c’est qu’on lui demande si, pour augmenter les recettes du pays, un impôt sur le revenu est envisageable. Il répond : « Il n’y a pas de sujet tabou. »
Et puis électrochoc aussi pour les experts financiers de l’Etat. Je vous laisse imaginer la scène.
« On peut voir votre budget, monsieur le ministre, s’il vous plaît. Bien sûr, qu’on apporte le cahier vert 24x32 à petits carreaux. Voilà… La colonne de gauche, c’est les recettes, et celle de droite les dépenses ! Bon, j’ai un peu de retard dans la mise à jour, mais ça vous donne une idée... »
Il y en a qui ne prenaient même pas la peine de remplir un cahier. Léonard Puputauki Junior, par exemple, qui comparaît devant le tribunal correctionnel de Papeete aujourd’hui. « Il s’est fait plaisir avec l’argent de l’aide sociale, écrit la Dépêche de Tahiti.Selon l’arrêt de renvoi du juge Redonnet, le « petit Léonard’ a puisé 71 millions de Fcfp pour se payer : des voyages d’agrément en métropole avec sa compagne et des amis, mais aussi à Los Angeles ou New York, des séjours ludiques à Disneyland, et touristiques au Mont-Saint-Michel… Localement, c’est dans des bungalows de luxe à Bora Bora, Moorea et Tahaa que Junior dépensait l’argent de la collectivité. Sans oublier l’achat d’un puissant 4x4 à 8 millions, des tableaux d’artistes locaux, des sculptures, bijoux de marque et montres de luxe font partie de tous les biens saisis par la police chez Puputauki dans cette affaire. »
Fin de ce paragraphe saisissant de la page 16 de la Dépêche. Le procès de Puputauki Junior a lieu aujourd’hui. Il risque jusqu’à 5 ans de prison ferme pour s’être trompé d’époque. Léonard Puputauki avait juste oublié que le temps de la splendeur, c’est terminé. L’heure est plutôt à la rigueur.

