le flash international du mardi 7 septembre 2010
La principale actualité du jour en métropole, c’est bien sûr la grève générale à laquelle tous les syndicats de France ont convié la population dans le but de protester contre la réforme des retraites. Et alors que la journée se termine, l’intersyndicale se félicite de la forte mobilisation qui a suivi cet appel à la grève. Ainsi les transports en commun ont été fortement perturbés en province, voire inexistants. La SNCF a enregistré environ 50 % de grévistes chez ses employés. Seul le métro parisien a fonctionné à peu près normalement aujourd’hui, avec 80 % du trafic assuré. Et du côté des transports aériens, plusieurs vols internes ont dû être annulés. Seuls les vols long courrier avec l’étranger sont assurés à 100 % par Air France. Un quart des agents de la fonction publique d’Etat a fait grève. Et de son côté la presse écrite est totalement solidaire du mouvement, puisque aucun des quotidiens nationaux ne paraîtra en kiosque demain. Sachez encore que le groupe pétrolier Total a mis ses raffineries en débit minimum. Mais attention, les chiffres annoncés sont parfois à prendre avec circonspection ; en effet ils diffèrent selon la source. Exemple : le syndicat Sud avance que 3 millions de personnes ont manifesté ce mardi, alors que le ministère de l’Intérieur n’estime qu’à 1 million 120 000 personnes le nombre de ces manifestants.
Du côté des chefs syndicaux, le leader de la CGT Bernard Thibault estime que la France vit peut-être l’événement social le plus important de ces dernières années. L’intersyndicale va se réunir demain pour arrêter la suite à donner à cette journée de grève nationale. Une suite qui ne fait aucun doute si le gouvernement ne fait pas de concessions dans les jours qui viennent pour modifier son projet de loi. Le camp Sarkozyste a effectivement déclaré qu’il ferait des propositions cette semaine, ce qui devrait pouvoir lancer les discussions entre les 2 parties. Les artisans de la réforme se disent en effet prêts à opérer des modifications dans le texte, mais à l’unique condition que l’équilibre budgétaire des retraites ne s’en trouve pas menacé. En revanche, Nicolas Sarkozy s’est montré ferme sur le recul de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans : c’est la mesure phare de ce projet de réforme et elle ne peut être modifiée. C’est pourtant un point essentiel pour les syndicats, qui refusent ce changement. Et du point de vu de la population, les sondages révèlent que l’opinion publique est beaucoup plus mitigé sur ce recul de l’âge légal, même si près de 70 % des français désapprouvent le projet de réforme des retraites dans sa globalité. Et l’examen du texte à l’assemblée, entamé aujourd’hui, s’annonce d’autant plus houleux que celui qui le défend n’est autre qu’Eric Woerth. Le ministre du Travail, en pleine tourmente judiciaire ces derniers jours, voit en effet ses fonctions et sa crédibilité contestées par l’opposition.
Au Proche-Orient, les autorités iraniennes ne faiblissent pas devant la pression internationale qui veut faire épargner Sakineh. A Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères vient de déclarer que le cas de cette femme condamnée à mort relevait de la justice et non des droits de l’homme, renvoyant les grandes puissances mondiales à leurs propres contradictions. Le porte-parole s’interroge en effet sur la logique de la politique occidentale à l’égard du cas Sakineh, logique qui voudrait que tous les assassins soient laissés en liberté ou libérés de prison sur-le-champ. Toutefois, en-dehors de ces passes d’armes, la mobilisation internationale a fait son effet : la lapidation programmée de Sakineh a bel et bien été suspendue par les tribunaux iraniens, qui ont décidé de réexaminer l’accusation d’adultère porté contre la détenue. En revanche, sa condamnation pour complicité de meurtre sur la personne de son mari est maintenue, ce qui veut dire que Sakineh risque encore et malgré tout la pendaison.
Enfin sachez que l’humoriste français Dieudonné a annoncé aujourd’hui qu’il se rendrait dimanche prochain en Iran, pour réclamer la grâce de Sakineh Ashtiani. Il invite l’intellectuel Bernard-Henry Lévy à être aussi du voyage.

